" Pour un État de droit, une démocratie responsable et une citoyenneté au service de l'intérêt général."

Il crée entre ses membres un lien fondé sur des principes, des valeurs et une responsabilité commune envers la nation.
Notre conception du parti repose sur la promotion de l'éthique, de la solidarité, de la participation citoyenne, du dialogue, de la réflexion collective et du respect de la dignité humaine. Nous croyons qu'un parti politique doit contribuer à former des citoyens conscients de leurs droits et de leurs devoirs, capables de privilégier l'intérêt général sur les intérêts particuliers et de résoudre les différends par le dialogue plutôt que par la confrontation.
Notre projet politique vise ainsi à construire une Mauritanie fondée sur la justice, l'égalité des chances, la bonne gouvernance et la citoyenneté, dans le respect de notre identité, de notre diversité et de nos valeurs.
I. L'État de droit : fondement de toute démocratie.
Aucune démocratie ne peut prospérer sans un véritable État de droit. Celui-ci signifie que la souveraineté appartient à la loi, que les institutions priment sur les individus et que le pouvoir tire sa légitimité de la volonté du peuple exprimée dans le cadre de la Constitution.
Si la séparation des pouvoirs demeure un principe essentiel de la théorie constitutionnelle, elle ne saurait constituer à elle seule le critère de l'État de droit. Dans la pratique, les systèmes politiques connaissent souvent une prépondérance du pouvoir exécutif, notamment lorsque celui-ci concentre des compétences importantes en matière de nomination, de législation ou de contrôle institutionnel.
Le Parti El-Islah estime que le véritable enjeu n'est pas uniquement la séparation formelle des pouvoirs, mais l'existence d'institutions fortes, indépendantes, responsables et capables de se contrôler mutuellement. L'État des institutions demeure la meilleure garantie contre les abus de pouvoir et assure une gouvernance stable, transparente et respectueuse des libertés publiques.
II. Une démocratie adaptée aux réalités nationales
"La démocratie n'est pas un modèle uniforme. Chaque peuple construit son expérience démocratique en fonction de son histoire, de sa culture et de son évolution politique."
La Mauritanie a adopté un régime semi-présidentiel. Toutefois, son fonctionnement doit continuellement évoluer afin de mieux répondre aux exigences de notre société et de renforcer la confiance entre les citoyens et les institutions.
Le Parti El-Islah considère que la réussite de la démocratie dépend autant de la qualité des institutions que de l'existence d'une véritable culture citoyenne. Une démocratie solide exige une population politiquement consciente, des institutions crédibles et des pratiques fondées sur le respect de la loi et de l'intérêt général.
Dans cette perspective, El-Islah propose plusieurs réformes institutionnelles majeures :
1. Renforcer le pouvoir législatif
Le Parti propose de modifier les dispositions constitutionnelles limitant excessivement le domaine de la loi afin que le Parlement puisse exercer pleinement sa mission de représentation populaire et de contrôle de l'action gouvernementale.
2. Consolider la responsabilité politique du gouvernement.
La nomination du Premier ministre et des membres du Gouvernement devrait intervenir après consultation des groupes parlementaires soutenant la majorité présidentielle. Certaines hautes fonctions de l'État devraient également être soumises à une validation parlementaire afin de renforcer la transparence et la responsabilité.
3. Donner davantage de pouvoirs au Parlement.
Les commissions parlementaires d'enquête devraient disposer de véritables moyens d'investigation et pouvoir transmettre directement leurs conclusions à la justice lorsque des infractions sont constatées, sans dépendre de l'autorisation du pouvoir exécutif.
4. Réformer le système électoral
Le Parti El-Islah propose l'instauration d'une circonscription régionale unique pour l'élection des députés, selon un scrutin proportionnel.
Cette réforme permettrait :
* de réduire l'influence des appartenances tribales ;
* de limiter l'impact de l'argent politique ;
* d'améliorer la représentation des compétences nationales ;
* d'ouvrir davantage la vie politique aux jeunes, aux femmes et aux catégories sociales insuffisamment représentées.
5. Restaurer le bicaméralisme
Le Parti soutient le rétablissement du Sénat comme deuxième chambre parlementaire afin de renforcer la représentation territoriale.
Chaque département élirait un sénateur par l'intermédiaire des conseillers municipaux élus au suffrage proportionnel, garantissant ainsi un meilleur équilibre entre représentation nationale et représentation locale.
6. Garantir une justice véritablement indépendante.
"L'indépendance de la justice constitue l'un des piliers fondamentaux de l'État de droit."
Le Parti El-Islah propose notamment :
* que le président de la Cour suprême soit élu parmi les magistrats les plus expérimentés selon des critères fixés par la loi et validés par le Parlement ;
* que les membres du Conseil constitutionnel soient désignés exclusivement sur la base de leurs compétences juridiques et non selon des équilibres politiques ;
* que les décisions de justice soient exécutées sans exception par toutes les administrations publiques, afin que nul ne soit au-dessus de la loi.
Comme le rappelait le calife Omar Ibn Al-Khattab :
"Il n'y a aucune valeur dans une décision juste qui n'est pas appliquée."
7. Moderniser l'administration publique
Le Parti El-Islah défend une administration moderne, performante et sobre.
La numérisation des services publics doit permettre de réduire les coûts administratifs, d'améliorer la qualité des services et de réorienter les ressources publiques vers les secteurs prioritaires tels que l'éducation, la santé, les infrastructures, l'emploi et le développement rural.
Dans cette logique, El-Islah propose :
* la rationalisation des dépenses publiques ;
* une réorganisation territoriale de l'administration afin d'en améliorer l'efficacité ;
* la suppression des conseils régionaux si leur fonctionnement ne favorise pas réellement la décentralisation mais entretient des logiques régionalistes ;
* le renforcement des compétences des communes dans les domaines de la santé, de l'éducation, de l'eau, de l'électricité, de l'état civil, des infrastructures, des marchés, de l'environnement et du développement local.
III. Une représentation électorale plus juste
La démocratie ne peut être pleinement légitime que si chaque citoyen bénéficie d'une représentation équitable.
Le Parti El-Islah estime que le découpage électoral actuel doit être revu afin de mieux refléter les réalités démographiques du pays.
À cette fin, il propose :
* un redécoupage fondé sur des données statistiques objectives et régulièrement actualisées ;
* une répartition des sièges proportionnelle à la population de chaque circonscription ;
* une meilleure adéquation entre représentation politique, répartition des ressources publiques et besoins réels des populations.
Une telle réforme contribuerait à renforcer l'égalité entre les citoyens, à réduire les déséquilibres territoriaux et à consolider la cohésion nationale.
́Le peuple d'abord.
Pour le Parti El-Islah, la réforme politique constitue la condition indispensable du développement économique et de la justice sociale.
Notre ambition est de bâtir une Mauritanie où l'autorité de l'État repose sur la force du droit et non sur le droit de la force ; où les institutions sont plus fortes que les individus ; où chaque citoyen bénéficie des mêmes droits, des mêmes devoirs et des mêmes opportunités ; où la diversité nationale devient une richesse et non un facteur de division.
El-Islah porte une vision réformatrice, responsable et profondément attachée à l'unité nationale, à la citoyenneté, à la bonne gouvernance et à la dignité de chaque Mauritanien. Parce que réformer les institutions, c'est préparer l'avenir et garantir aux générations futures un État plus juste, plus efficace et plus proche de ses citoyens