Mauritanie : une semaine sous le signe de l’urgence migratoire et de la coopération internationale
La dernière semaine d’octobre et les premiers jours de novembre 2026 ont été marqués, en Mauritanie, par une actualité contrastée : un nouveau drame évité de justesse au large de Nouadhibou, le renforcement de partenariats stratégiques avec la France et l’Union européenne, mais aussi des interrogations persistantes sur la situation des droits humains. Tour d’horizon.
Un drame migratoire évité au large de Nouadhibou
L’événement le plus marquant de la semaine est sans conteste le sauvetage, samedi 31 octobre, de 134 migrants qui tentaient de rejoindre les îles Canaries à bord d’une embarcation de fortune. L’opération, menée par la marine mauritanienne au large du port de Nouadhibou, a permis de secourir 118 hommes, 14 femmes et 2 enfants de nationalités diverses, selon un communiqué de l’armée relayé par l’agence qatarie QNA. Les autorités ont souligné que ce sauvetage s’inscrit dans le cadre de la lutte contre l’immigration irrégulière et les réseaux de passeurs, alors que des centaines de personnes, originaires pour la plupart du Sénégal, de Gambie, de Guinée et du Mali, ont déjà été secourues ces derniers mois au large des côtes mauritaniennes. Ce nouvel épisode rappelle la position de la Mauritanie comme pays de transit et de départ sur la route atlantique vers l’Europe, une route particulièrement meurtrière.
Coopération franco-mauritanienne : deux accords de financement majeurs
Sur le plan diplomatique et économique, la Mauritanie a renforcé son partenariat avec la France. Lundi 2 novembre, deux accords de financement ont été signés à Nouakchott en présence de plusieurs ministres mauritaniens et de l’ambassadeur de France, Emmanuel Besnier. Le premier porte sur un prêt de 21 millions d’euros (environ 944 millions d’ouguiyas) destiné à renforcer les capacités opérationnelles de la Protection civile mauritanienne, notamment via la création d’une école nationale et l’équipement de dix nouveaux centres. Le second, d’un montant de 4 millions d’euros, vise à soutenir l’École d’enseignement technique et de formation professionnelle industrielle de Nouakchott, avec un focus sur les métiers du froid industriel et domestique. Ces financements illustrent l’extension de la coopération française à des secteurs clés du développement mauritanien, au-delà des domaines traditionnels que sont l’éducation ou la santé.
Un partenariat stratégique réaffirmé avec l’Union européenne
Quelques jours plus tôt, le 26 octobre, le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Merzoug, avait reçu une délégation diplomatique européenne composée de l’ambassadrice d’Italie, du chef de la délégation de l’UE et d’un conseiller de l’ambassade de France. Les discussions ont porté sur le renforcement des relations de coopération et de partenariat entre la Mauritanie et l’Union européenne, ainsi que sur des questions d’intérêt mutuel, dans un esprit de consultation et de coordination. Cette rencontre confirme l’ancrage de la Mauritanie comme interlocuteur privilégié de l’UE dans la région, notamment sur les questions de sécurité et de migration.
Une semaine charnière pour la Mauritanie
Entre l’urgence humanitaire au large de Nouadhibou, la consolidation de partenariats internationaux ambitieux et les défis structurels qui demeurent en matière de droits humains, la Mauritanie confirme sa position de carrefour stratégique en Afrique de l’Ouest. Les prochaines semaines seront décisives pour observer si les engagements pris avec la France et l’Union européenne se traduiront par des améliorations concrètes pour les populations, et si les autorités répondront aux attentes des organisations de défense des droits humains.