Corruption :la Mauritanie toujours en mauvaise posture.

Ce résultat, inchangé par rapport à l'année précédente, place la Mauritanie à un "cheveu" des pays considérés comme les plus corrompus .
Ce score est bien en dessous de la moyenne mondiale de 43/100, révélant une perception persistante d'une corruption élevée dans le secteur public . Le pays est ex-aequo avec des nations comme l'Égypte et le Salvador .
La Mauritanie reste engluée dans une corruption perçue comme structurelle, loin derrière ses voisins maghrébins .
Le contraste est saisissant. Le Maroc et la Tunisie caracolent en tête de la région avec 39 points, se partageant la 91e place mondiale . L'Algérie suit à la 109e position avec 34 points . Mais c'est à l'est que le tableau s'assombrit : la Libye (177e) et l'Égypte (130e, à égalité avec la Mauritanie) ferment la marche .
L'écart avec le Maroc est particulièrement instructif. Si Rabat affiche une "stabilité institutionnelle relative", son score stagne entre 37 et 43 points depuis dix ans, illustrant un "plafond de verre" pour un pays aux ambitions africaines . Les observateurs pointent d'ailleurs un recul des libertés et un gel de lois anticorruption clés .
La Mauritanie, elle, reste sous le seuil critique de 50 points, qualifiée de pays "ne parvenant pas à maîtriser la corruption" .
Cette piètre performance intervient malgré les multiples annonces gouvernementales. Le ministre de la Justice a récemment réaffirmé la volonté des autorités de moderniser les mécanismes de lutte contre ce fléau qu'il a qualifié de "menace pour la démocratie" . Les autorités soulignent la ratification de conventions internationales et la mise en place de nouvelles lois anticorruption et de blanchiment d'argent .
Cependant, ces déclarations peinent à convaincre les observateurs. Les critiques pointent un décalage entre le discours officiel et la réalité du terrain. La création de l'Autorité nationale de lutte contre la corruption (ANLC) est perçue comme insuffisante face à la persistance de réseaux d'influence dans des secteurs clés comme les mines, les marchés publics ou les hydrocarbures .
Sur le plan politique, l'opposition a récemment franchi un pas en obtenant l'approbation de la formation d'une commission d'enquête parlementaire. Celle-ci devra se pencher sur des dossiers sensibles, dont les programmes sociaux, les contrats de carburant, les revenus du gaz offshore et la gestion du secteur minier .
Cette initiative, présentée par des groupes d'opposition, illustre la défiance grandissante envers la gestion des fonds publics .
Les efforts de transparence se heurtent également à une impunité persistante. Plusieurs dossiers pour soupçon de corruption ont été transmis et des sanctions contre des fonctionnaires ont été prises. Mais de nombreux observateurs estiment que ces actions restent ponctuelles et ne suffisent pas à endiguer un système où les élites politiques et économiques bénéficient d'une protection .
D'ici 2027, les autorités visent pourtant un score de 25/100 à l'IPC, un objectif qui semble encore très éloigné au vu de la situation actuelle.